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Et maintenant ?

il y a 8 heures
6 min de lecture

🎶Eminem - Lose Yourself



On y est. Enfin. Après 9 ans à batailler, à avancer coûte que coûte de galères en embûches : c’est fait. La réédition numérique des 4 tomes précédemment parus est disponible sur toutes les plateformes de diffusion numérique. L’intégrale I aussi, sur Ko-Fi.

 

Grâce à vous, cette journée de lancement a été folle, incroyable, ahurissante. De cela, je ne vous remercierai jamais assez.

 

Bon. Et maintenant ?

 

La question est légitime. Vous êtes d'ailleurs nombreux à me la poser depuis quelques jours, sous toutes ses formes : À quand le papier ? Tu réédites chez qui ? Et le tome 5 alors ?

Alors, posons cartes sur la table.

 

* Chez qui ? : Chez « Self Inc. » Comme annoncé il y a longtemps : je me débrouille seul. Moi, mon PC, des heures de taf, des tas de choses à apprendre/réapprendre, gérer. Les (magnifiques) couvertures de Jordan ? Payées de ma poche. Tout ce qui se produit autour de la résurrection de cette saga, ça vient de moi, ou de mon portefeuille (vide, désormais, qu’on pose ça aussi clairement sur la table : alternative pécuniaire ? Aucune). C’est ça aussi, voire ça avant tout, d’être artiste-auteur indépendant.

On est seul avec les responsabilités, les coûts, la pression de « réussite ».

 

* Version papier ? : J’espère, oui. Un jour, si la trésorerie me le permet. Puisque ça aussi, ça se paye (évidemment). Même en se dirigeant vers un modèle d’impression à la demande - lequel me convient davantage que l’impression d’exemplaires dont l’estimation du nombre ne peut être faite qu’au doigt mouillé, et dont une partie finit au pilon parce qu’invendue ou abîmée, ou les deux -, cela demande un investissement financier annuel, par tome paru.

Ce pourquoi, si j’aspire bel et bien à une version papier, je ne veux pas engager de frais pour le moment au cas où la résurrection de la saga foire (on ne va pas se leurrer, même avec ce départ étincelant : il n’y a rien de fait). Je dois d’abord sécuriser un matelas financier qui me permettra par la suite d’assurer l’existence des livres papiers, sur davantage qu’une année.

 

« Pourquoi pas Ulule, ou un autre crowdfunding ? » me demandez-vous parfois, à ce propos. Parce que je suis borné ? Vieux jeu ? Je ne sais pas. J’ai du mal à demander à mes lecteurs de payer quelque chose qui n’existe pas encore. Parce que quand vous faites ce geste énorme de sortir de l’argent de votre compte en banque pour soutenir cette saga, je veux que vous ayez immédiatement dans les mains ce pourquoi, de mon côté, j’ai sué sang et eau. Une question d’échange équivalent, à mes yeux.

 

* Et le tome 5 ? : Il arrive, il est en cours d’écriture (oui, encore, je ne le sais que trop ^^’). Mais maintenant que le poids de cette Arlésienne des rééditions est enfin derrière moi… l’horizon de créativité se dégage. J’ai déjà avancé avant de devoir m’arrêter pour finaliser les maquettes, etc. Je vais pouvoir reprendre l’écriture. J’ai hâte, j’ai l’envie, les idées, la motivation… et l’espoir.

Je vais le terminer, puis le publier. Il n’y a aucune question là-dessus.

La seule inconnue, c’est « quand » ? J’estime qu’il est trop tôt pour me risquer à donner une date, pour ne pas vous - et me - décevoir. Et comme tout un chacun, j’ai une vie, d’autres choses à gérer, d’autres chantiers. Un, surtout. Majeur. Alors des contretemps et des emmerdements, il va y en avoir. Toutefois… on est bien parti ^^

 

* Est-ce que l’aventure s’arrêtera après la parution du tome 5 ? : Cette question, il y a bien longtemps qu’on ne me l’a plus posée. Ma réponse a toutefois toujours été la même : RM, je l’ai pensée en 7 tomes, ce depuis la toute première ligne rédigée. Le monde de l’édition traditionnelle m’a contraint d’arrêter à 5. Mais je n’ai jamais eu l’intention de m’y tenir.

À présent qu’il n’y a plus de conditions imposées par une entité extérieure… j’ai la ferme intention d’écrire ce premier cycle comme je l’ai pensé au départ, soit en 7 tomes.

 

Ce « premier cycle », oui, vous avez bien lu… ;)

 

Voilà. Ça, c’était pour la théorie et les grands projets.


Maintenant, la réalité : comment fait-on pour parvenir à réaliser ça sans ME, sans grosse machinerie marketing et de budget com’ à 5 chiffres ?

 

Eh bien… on fait comme j’ai toujours fait : on donne le meilleur de soi dans son Art, et on espère très fort que les lecteurs l’aimeront assez pour aider à porter le projet, de bouche à oreille.

 

« Mais, Morgan, tu as été publié dans deux ME différentes… Tu as eu de la comm, quand même ? »  :) Non.

Hormis pour une poignée d’élu·e·s, la réalité est qu’une ME, même d’une taille conséquente, n’engage que peu d’efforts pour promouvoir son « écurie » d’auteur·ice·s. Le meilleur qui puisse vous arriver, si vous êtes comme moi dans les 99,9 % des non-élu·e·s, c’est d’être placé·e dans le catalogue « premium » des représentants – car oui, il y a plusieurs catalogues.

Tous les titres d’une – moyenne à grande – ME ne sont pas systématiquement présentés par les représentants à toutes les librairies ; il y a un tri en fonction de la taille, ainsi que de la portée en termes de clientèle, de ladite librairie. Oui, je suis sûr de ce que je dis : j’ai travaillé 5 ans en librairie indépendante, depuis. J’ai vu l’envers du décor.

Être dans ce catalogue « premium », ce que j’ai eu la chance d’être, ne va pourtant pas changer grand-chose : si votre ouvrage n’est pas placé sur table par la librairie (s’ils ne vous ont pas lu et pas choisi spécifiquement), vous serez une tranche de plus sur une étagère, noyé au milieu des sept ou huit cents nouveautés de la rentrée littéraire…

 

C’est un gros malentendu de s’imaginer qu’être en librairie garantit la visibilité. La réalité crue, c’est que rigoureusement rien ne garantira jamais ça.

Voilà pourquoi on peut constater que la plupart des auteur·ice·s, indépendants ou pas, se changent en VRP permanents, ayant toujours sous les doigts le costume de représentant marketing ou de responsable de comm ; et passent leur vie à lutter contre les algorithmes FB ou Insta, étudiés pour minimiser le plus possible la visibilité d’un post, pour pousser à « booster » les publications contre les euros durement gagnés…

 

Je l’ai fait aussi, tout ça. À reculons. Puis de moins en moins, parce que le coût en énergie, en pression, en temps, est dantesque… Et également car j’estime que je ne suis pas « le produit ». Je ne sais pas et ne veux pas apprendre à « me vendre ».

 

Alors ? C’est quoi le plan ?

Eh bien, puisque j’ai vu les strates les plus importantes du monde du livre, « inside and out », je peux répondre : il n’y a pas de plan. Un « plan » dans ce monde-là, c’est un château de cartes, ou en Espagne. Il n’y a rien de certain.

 

Rien… sauf vous.

 

C'est là que le bouche-à-oreille prend tout son sens. Si cette saga doit renaître, grandir et atteindre le tome 7 (and beyond), ce ne sera ni grâce à des algorithmes, ni grâce à des encarts pub payés à prix d'or.

 

Ce sera grâce à votre voix.

Exactement comme la première fois.

 

Si vous avez aimé Rose Morte, si cet univers vous parle, vous intrigue : faites-le savoir autour de vous.

Parlez-en à vos vlogueurs/blogueurs préférés, à vos amis, à vos collègues de boulot. Commentez les fiches sur les plateformes de diffusion (ah, oui, cela aussi je l’ai « perdu » : mon identité littéraire appartient aux précédentes ME, visiblement. On me refuse le rapprochement des fiches des versions papiers avec les ebooks parce que j’ai changé de prénom). Partagez les quelques publications que vous verrez passer sur les RS où vous suivez la saga…

J’ai vraiment l’impression d’être un Youtubeur qui se doit d’asséner le désormais sempiternel « abonnez-vous ! ». Mais, ça ne tient réellement qu’à cela.

Qu’à vous.

 

Donc, oui, si vous aimez cette saga : « abonnez-vous ».



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